cumul emploi-retraite

À partir du 1er janvier 2027, il faudra avoir atteint l’âge de départ à la retraite au taux plein pour pouvoir bénéficier d’un cumul emploi-retraite intégral. Avant cet âge, le cumul restera possible, mais la pension pourra être réduite en fonction des revenus d’activité si ceux-ci dépassent un certain seuil fixé par décret. De plus, dans le cadre de ce cumul partiel, les cotisations versées ne généreront plus de nouveaux droits à la retraite.

Une réforme, adoptée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, prévoit un régime nettement moins favorable pour le cumul emploi-retraite.

« Aujourd’hui, un professionnel en cumul emploi-retraite intégral peut percevoir à la fois sa pension de retraite à taux plein et les revenus issus de son activité sans plafond ni pénalité, et ce, dès l’âge légal de départ, à 62 ou 64 ans selon les générations », rappelle Laurent Boulangeat, Vice-Président de l’UNAPL délégué Technique et cadre de vie et Vice-Président de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV).

Les règles vont toutefois changer à compter du 1er janvier 2027, selon l’âge du retraité, quel que soit son statut (salarié, libéral…).

Trois paliers d’âge à partir de 2027

Concrètement, jusqu’à 64 ans, chaque euro de revenu professionnel diminuera le montant de la pension de retraite.

Entre 64 et 67 ans, au-delà d’un certain plafond de revenus, la pension sera écrêtée à hauteur de 50 % des revenus d’activité et de remplacement.

Ce n’est qu’après 67 ans que le cumul emploi-retraite intégral sera accessible : pensions et revenus seront cumulés sans restriction.

Autre évolution importante : les cotisations versées dans le cadre du cumul partiel n’ouvriront plus de nouveaux droits à retraite.

Le dispositif, très largement utilisé par les professionnels libéraux, sera dès lors beaucoup moins attractif. « La réforme traduit clairement une volonté de maîtrise des dépenses de retraite », résume Marie-Anne François, Présidente de la commission Retraite et Prévoyance de l’UNAPL.


Plusieurs zones d’ombre

Plusieurs incertitudes subsistent également.

Les modalités de mise en œuvre de la réforme, et notamment le plafond de revenus, doivent être fixées par décret. « Or, le texte n’a toujours pas été publié et laisse les professionnels dans le flou », détaille Laurent Boulangeat. Le chiffre de 7 000 € est évoqué, mais rien n’a encore été officialisé. Cette absence de visibilité crée une forte inquiétude.

« De nombreux professionnels libéraux proches de la retraite s’interrogent sur l’intérêt d’anticiper leur départ avant l’entrée en vigueur de la réforme, relève-t-il. Mais ils manquent encore d’informations concrètes pour prendre leur décision et anticiper leur fin de carrière. »

Les nouvelles règles sont, en outre « essentiellement pensées pour les salariés et correspondent mal à la réalité de l’exercice libéral », complète Marie-Anne François.

À ce stade, les seuls assouplissements envisagés semblent concerner les médecins exerçant en zones sous-denses, pour lesquels le seuil ne s’appliquerait pas. Quid des autres professions ?

L’UNAPL poursuit donc ses échanges avec les services ministériels pour obtenir rapidement des précisions. Elle alerte également sur le risque de départs en retraite massifs de professionnels cette année, ce qui aurait pour conséquence de fragiliser davantage l’offre de services dans certains secteurs déjà confrontés à des tensions démographiques.

Un article de Laura Chauveau, paru dans le magazine de l’UNAPL, L’Entreprise Libérale n°187 – Juillet Août 2026

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