Jean-Charles Nicollet, conseil en propriété intellectuelle

3 questions à Jean-Charles Nicollet, conseil en propriété intellectuelle

Jean-Charles Nicollet, conseil en propriété intellectuelle à Paris (75) nous partage les raisons qui l’ont fait choisir son métier, des temps forts de son quotidien et ses projets pour l’avenir.

Entrevue filmée dans le cadre de notre série d’interviews 3 questions pour un professionnel libéral :

  1. Quelles sont les raisons de votre engagement dans la profession libérale choisie ?
  2. Quel est votre meilleur souvenir, une émotion forte de votre exercice professionnel ?
  3. Quel projet professionnel, quel développement nourrissez-vous aujourd’hui ?

Les professions libérales, ce sont les métiers de la vie, des professions à impact qui accompagnent les particuliers et les entreprises au quotidien avec proximité et humanité, de la naissance à la fin de leur existence, dans leurs réussites comme dans leurs difficultés.

En voici une belle illustration avec notre invitée du jour, Jean-Charles Nicollet qui nous confie d’emblée :

«Le but premier n’est pas de fournir aux clients des solutions clés en main toutes prêtes, que l’on peut passer d’un client à un autre, mais d’avoir une solution clé en main pour ce client en particulier, en fonction de ses besoins».

Voir la vidéo portrait de Jean-Charles Nicollet, conseil en propriété intellectuelle :

Extraits choisis


Nous échangeons avec les clients pour déposer leurs droits, leurs marques, leurs modèles, leurs brevets, mais aussi pour les défendre par la suite.

Le conseil en propriété intellectuelle

La profession de conseil en propriété industrielle est toute petite. Nous sommes 1100 en France et surtout des petites entreprises, donc malheureusement nous ne sommes pas très connus. Les très grandes entreprises et les multinationales nous connaissent très bien puisqu’elles travaillent de manière habituelle avec nous. On découvre tous un peu sur le tard, cette profession en fac de droit. Je l’ai découverte grâce à une prof en Master 2 en propriété intellectuelle, qui m’a raconté ce qu’elle faisait. Elle était passionnée par son travail qui était d’accompagner les clients au quotidien, et c’est cette notion d’accompagnement qui m’a plu. On ne traite pas un dossier et une fois qu’il est fini, on passe à autre chose. C’est une mission qui est plus sur du long terme.

Nous échangeons avec les clients pour déposer leurs droits, leurs marques, leurs modèles, leurs brevets, mais aussi pour les défendre par la suite. Et lorsqu’ils ont des envies d’expansion à l’international, nous les accompagnons afin d’aller dupliquer ces droits aux Etats-Unis, en Chine, au Japon. Donc il y a une dimension internationale et une véritable dimension de relation sur le long terme avec les clients.

La plupart des clients que nous avons, sont des clients historiques, présents depuis très longtemps. Ou ce sont des clients que nous avons accompagnés récemment et pour lesquels nous avons décidé d’avoir un partenariat sur le long terme. Parce qu’ils veulent quelqu’un qui les connaisse et qui puisse les conseiller au mieux de leurs besoins, de leurs envies mais aussi de leurs limites et moyens financiers.

Il y avait un client que nous avions accompagné historiquement. À l’origine, il était venu avec son projet en tant qu’entrepreneur individuel, qui était de créer des nouveaux télescopes numériques, afin rendre les choses plus accessibles au grand public. Et de cette idée de départ, une start up s’est développée et a obtenu le prix de l’innovation au salon CES en 2018. Et comme cela ne lui suffisait pas, il a décidé de faire un deuxième télescope avec lequel, en 2021, il a décroché une nouvelle fois, le prix de l’innovation au CES de Las Vegas !

Ce sont des histoires et des parcours que nous apprécions de partager avec eux, puisque nous les avons connus dès l’origine, quand ils n’avaient encore qu’une idée. Et nous les avons vus grandir, se structurer, devenir de petites Start up à des plus grosses Start up.

Nous avons un autre client comme cela, que nous avions accompagné, il était à l’origine d’une petite start up spécialisée dans les logiciels d’achats en mode SAAS (software as a service). Et petit à petit, il a grossi pour devenir l’année dernière une des « licornes » françaises : ce sont des startups valorisées plus d’un milliard de dollars, sans être cotée en bourse. Ils font partie des clients que nous accompagnons sur le long terme et qui nous touchent car nous les avons connus petits, et aujourd’hui ils sont grands. Il y a un vrai besoin de comprendre ce qu’ils ont envie de faire. Ils savent où ils ont envie d’aller, ils ont leur façon d’expliquer les choses qui correspond à leur business, à la façon dont ils veulent le développer.

Mais pouvoir les protéger n’est pas toujours aussi simple, cela nécessite de s’adapter avec le cadre du droit, ce qui est permis ou non de faire, et donc de trouver des solutions sur mesure par rapport à leurs besoins. Donc, ce côté est très intéressant parce qu’on est toujours dans l’innovation : il y a toujours de nouvelles choses, parfois un peu disruptives, d’autres fois plus classiques. Mais il y a toujours des besoins qui sont spécifiques, et nous devons bien les comprendre, bien les interpréter, et les fixer avec eux pour leur apporter vraiment cette protection adaptée et sur mesure, et leur donnant les bons conseils. Et j’avoue qu’après douze ans de métier, même presque quatorze ans, C’est toujours quelque chose qui me motive, cette relation avec le client, pour bien comprendre ce dont il a besoin, ce qu’il veut et où il veut aller.

En projets en ce moment, c’est un peu par la force des choses, le sujet du développement du NFT (non fongible token) et Métaverse, au moins auprès du grand public. Cela devient un sujet d’inquiétude ou d’intérêt pour la plupart de nos clients. Aujourd’hui, le droit n’est pas encore tout à fait adapté à cela. C’est quelque chose de nouveau parce que le droit est toujours un peu en retard par rapport à la vraie vie. Et là, il y a de vrais besoins, de vraies inquiétudes de la part des clients qui se disent « Aujourd’hui, je fabrique des vêtements, je suis protégé pour des vêtements. Mais, si demain quelqu’un me copie pour faire des vêtements pour des avatars dans le Métaverse, est-ce que je peux le contester ? Est ce que je peux réagir ? Est-ce que les vêtements dans le Métaverse, sont pareils que dans la vraie vie ? »

Et bien aujourd’hui, c’est un des premiers sujets pour beaucoup de nos clients qui se demandent : « Faut-il y aller ou non ? Si oui, pourquoi ? Mais si je vais dans le Métaverse, comment protéger mes marques? Si je ne fais pas de tee shirts demain dans le Métaverse, pour les avatars, comment cela se passe ? » Ce sont des gros sujets et des gros débats actuels avec beaucoup de nos clients, la plupart d’entre eux.

C’est nouveau, c’est quelque chose qui est encore à construire, même au niveau du droit, car il n’y a pas encore beaucoup de choses qui existent sur le sujet. Donc, nous devons être innovants, mais en même temps leur apporter suffisamment de sécurité et de certitude sur les choix que nous leur proposons, sur les protections qu’on leur propose et sur nos conseils.

Nous ne savons pas comment demain les juges vont interpréter les choses, comment ils vont analyser des procès en contrefaçon entre une marque qui vend des vêtements dans la vraie vie et une marque qui s’est développée pour ne vendre que des vêtements en numérique pour les avatars, pour les jeux de société, les jeux vidéo. On ressent toujours cette motivation de créer, de faire quelque chose de nouveau.

Le côté bas, on peut le ressentir quand notre client énonce quelque chose qui finalement ne fonctionne pas. Mais souvent, ce sont quand même des sociétés qui sont toujours en train de réfléchir, de se remettre en question, toujours en train d’évoluer. Donc un échec n’est pas forcément, juste un échec comme un mur contre lequel on bute et s’arrête. C’est souvent un moyen de rebondir, de passer à autre chose. Alors oui, il peut y avoir des moments plus difficiles. Il y a des bas, où certains clients ont lancé des nouveaux produits certes innovants, mais qui ne sont pas dans le besoin du moment, du marché. Donc il y a toujours des hauts et des bas, mais souvent les clients ne perdent pas espoir et ils continuent d’avancer. Et puis, si cela marche pas, ils passent à autre chose.

Les interviews de la Chaîne YouTube


Nos professions libérales exercent des métiers à impact, ces vidéos mettent en relief la contribution de chacun dans le monde que nous avons envie de construire ensemble pour qu’il dure.

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  1. Marie Christine Barbotin, chirurgien-dentiste
  2. Emira Zaag, architecte
  3. Antoine Feuvrier, huissier de justice
  4. Gérald Coutaye Caroumbin, ostéopathe kinésithérapeute 
  5. Arthur Clément, médecin biologiste
  6. Isabelle Berthé, sophrologue
  7. Gilles Bösiger, expert comptable
  8. Debora Farji Haguet, interprète traductrice
  9. François-Xavier David, mandataire judiciaire à la protection des majeurs
  10. Patrick Prigent, administrateur judiciaire
  11. Valérie Meunier, docteur spécialiste en ophtalmologie vétérinaire
  12. Clara Huynh, conservatrice-restauratrice en patrimoine métallique

 

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