3 questions à Stéphane Pellerin, créatif pour la transition écologique à Paris
Stéphane Pellerin, facilitateur de mise en synergie des dynamiques territoriales, nous partage les raisons qui l’ont fait choisir son métier, des temps forts de son quotidien et ses projets pour l’avenir.
Stéphane Pellerin est un acteur mobilisé sur la transition écologique en région Ile-de-France, au travers de ses multiples engagements :
- il est co-fondateur de Bulbe (ex TV4 Planet), une plateforme média 100% indépendante et gratuite qui contribue à la transition écologique par la culture.
- Il anime des « serious games » sur les risques majeurs en Île-de-France (95, 92, 91, 78 sont prévus à la rentrée avec l’IRMA), ouverts à tout publics, agents et élus, afin de créer des liens et de potentielles synergies territoriales.
- Il fait partie du MediaClub en tant que membre actif (thématiques Elles, Green, Diversité, International et Méditerranée) qui organise des rencontres avec des personnalités clés, des grands débats sectoriels, des cocktails pendant les marchés, ateliers, rencontres thématiques, et formations.
- Avec la société à mission Phoenix Conseil (Rueil Malmaison), il travaille sur un projet d’habitat social qui sera lancé sur Paris et l’Île-de-France avec leurs partenaires ainsi que sur 2 autres projets (sécurité sociale alimentaire et agricole/alimentation).
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Entrevue filmée dans le cadre de notre série d’interviews 3 questions pour un professionnel libéral :
- Quelles sont les raisons de votre engagement dans la profession libérale choisie ?
- Quel est votre meilleur souvenir, une émotion forte de votre exercice professionnel ?
- Quel projet professionnel, quel développement nourrissez-vous aujourd’hui ?
Les professions libérales, ce sont les métiers de la vie, des professions à impact qui accompagnent les particuliers et les entreprises au quotidien avec proximité et humanité, de la naissance à la fin de leur existence, dans leurs réussites comme dans leurs difficultés.
Voir la vidéo portrait de Stéphane Pellerin :
Extraits choisis
Le métier d’indépendant, c’est à risque. C’est bien parce que tu es ton propre patron, mais tu dois aller chercher de quoi te nourrir. Donc, il faut être culotté. Il faut aller taper à des portes pour lesquelles tu n’aurais jamais imaginé aller. Donc, sortir de ta zone de confort, comme on dit.
Quelles sont les raisons de votre engagement dans la profession libérale choisie ?
Ça fait 35 ans que je suis dans ce qu’on appelle la protection de l’environnement et la transition écologique, d’abord au niveau associatif, puis, par extension, pour subvenir à ses besoins, j’ai travaillé dans différents secteurs d’activité, parce que j’ai été toujours curieux.
Je viens d’une formation de publicitaire, de designer graphique. Quand tu fais des campagnes publicitaires, tu travailles sur différents produits, dans différents univers et tu rencontres plein de gens : des créateurs de contenus, des réalisateurs, des scénaristes, des dessinateurs, et chacun vient avec sa propre histoire. Très vite, j’ai été intéressé par connaître tout un chacun.
J’ai ainsi développé une attirance pour rencontrer de multiples personnes dans plein d’environnements différents, avec ce fil rouge de la créativité et toujours ce questionnement : il y a la pollution de notre territoire, de notre environnement proche. Qu’est-ce que tu fais pour améliorer les choses ?
Pour ça, il faut comprendre déjà l’environnement dans lequel tu habites, ton territoire, ton environnement, et puis aller à la rencontre des gens, dans plein de secteurs d’activités différents.
J’ai fini dans un secteur principal qui est l’ingénierie de l’architecture et du bâtiment. Dans un groupe de construction, le PDG, fils d’un grand ingénieur contemporain, m’a donné une carte blanche pour développer un calculateur d’empreinte carbone pour son groupe en France et à l’étranger.
J’étais libre de faire ce que je voulais, en parfaite autonomie tout en étant salarié dans cette entreprise : ça m’a permis de développer ce fameux calculateur en 2003, ce qui était un peu nouveau quand même, et cela a déclenché une vraie prise de conscience du Comex dirigeant : « Ok, là, effectivement, on a une empreinte qui est quand même assez forte, comment on va faire pour changer les choses ?« .
Après 15 ans de cette expérience professionnelle dans la construction, où j’ai rencontré plein d’ingénieurs et d’architectes issus de tous les pays anglo-saxons, donc une richesse une diversité de compétences, de culture, etc, je me suis dit : comment je peux employer toutes ces compétences, toute cette richesse, pour aller plus loin dans les territoires, pour faire agir concrètement ?
C’est à ce moment là que l’entreprise a fait faillite et j’ai été licencié. Comme cadre d’entreprise, j’ai pu alors bénéficier d’un accompagnement de l’APEC (Association pour l’emploi des cadres). Le département de la veille sur les métiers émergents m’a orienté vers ce qui correspondait le mieux à mon parcours atypique : des formations sur l’intelligence collective, la communication non violente, la culture, l’agro-écologie, etc. perçus comme des métiers d’avenir.
J’ai donc été me former à ces outils et acquérir de nouvelles compétences, et ça m’a permis de rencontrer encore plus de gens, issus de tous les univers également.
Très vite, je me suis aperçu que j’avais besoin de me sentir plus indépendant. Et c’est à ce moment-là où je me suis inscris pour être indépendant, auto-entrepreneur, afin de pouvoir proposer mes services de créatif pour la transition écologique.
Quel est votre meilleur souvenir, une émotion forte de votre exercice professionnel ?
Je me suis inscris dans une formation à l’ADEME, sur le changement de comportement individuel et collectif, où j’avais tous les chargés de mission du territoire de Bretagne en face de moi, chacun avec des besoins, des complexités, des attentes. C’est là où j’ai vu qu’il y avait des choses qui allaient bien au-delà de ma conception, de mes croyances comme indépendant.
Ça a été une expérience assez enrichissante qui m’a permis d’entrouvrir de nouvelles portes : il n’y a aucune limite à l’entrepreneuriat, au fait d’être indépendant.
En rencontrant ces chargés de mission, j’ai vu qu’il y a des gens qui sont en tension, en situation de burn out ou de dépression dans leur entreprise ou leur collectivité, des situations pour lesquelles il y a très peu de solutions pour des consultants, accompagnateurs.
Il y a beaucoup de cabinets de conseil, bureaux d’études, mais ils ne font pas d’approche, on va dire, psychosociale, mais en n’étant pas psychologue. Ce qu’on appelle aujourd’hui les métiers du coaching. Mais il n’y a pas cet intermédiaire qui permet vraiment d’accompagner ces personnes individuelles dans leurs fonctions de politique publique, ça n’existe pas.
C’est pourquoi j’ai créé une forme d’accompagnement, et pas de coaching, pour cette chargée de mission. Et après, j’ai amené toutes les personnes que j’ai rencontrées dans mes différentes activités et pour lesquelles on a partagé des initiatives citoyennes et qui travaillent, elles, dans un cabinet de conseil. Je les ai amenés pour accompagner de façon structurelle cette collectivité-là.
Quel projet professionnel, quel développement nourrissez vous aujourd’hui ?
Je fais partie des Shifters, une association en lien avec le Shift Project, qui est un think tank, une sorte de laboratoire d’idées, où l’on fait des études, des rapports sur des thématiques liées à l’adaptation au changement climatique, à la résilience des territoires.
On est à peu près 30 000 membres au National, avec des groupes locaux et des groupes de travail sur des cercles thématiques.
On peut faire des liens et des passerelles dans les différents groupes locaux, cercles thématiques, ici et là, pour avoir, encore une fois, de l’information et des moyens pour agir concrètement dans notre métier, dans notre secteur d’activité, pour accompagner le plus justement un décideur économique d’entreprise, d’une industrie ou d’une collectivité territoriale.
Derrière, je collabore de façon professionnelle avec un cabinet de conseil qui s’appelle Phoenix Conseil en Transformation.
Nous sommes sur la résilience des territoires, sur l’adaptation au changement climatique et également sur la prospective de la redirection écologique. Ce sont des nouvelles notions qui vont nous amener à aller vers plus de sobriété.
Ça ne veut pas dire remettre en cause un système économique qui est là aujourd’hui, il va continuer, mais c’est comment tu accompagnes une collectivité à mieux s’adapter, tout en gardant un tissu économique qui soit robuste et qui va être relié aux problématiques d’aléa climatique que l’on perçoit déjà, des tensions sur les matières premières et les ressources énergétiques.
Donc plus tu as de l’information en amont de ces réseaux, de ces compétences qui travaillent encore une fois, dans tous les secteurs d’activité aujourd’hui, donc avec un retour d’expérience très riche, ca va te permettre, toi, de te dire: ok, mon activité aujourd’hui, c’est ça, d’accompagner au mieux les collectivités territoriales dans une approche qui correspond à leurs besoins et à leurs intérêts pour aujourd’hui et pour demain, en prévision, effectivement, d’un futur qui va être quand même relativement chamboulé.
On a besoin de créativité, on a besoin de gens qui soient créatifs, qui soient audacieux, qui aillent chercher les compétences, une ingénierie comme on appelle humaine.
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Les interviews de la Chaîne YouTube
Nos professions libérales exercent des métiers à impact, ces vidéos mettent en relief la contribution de chacun dans le monde que nous avons envie de construire ensemble pour qu’il dure.
Retrouvez sur notre chaîne YouTube toutes nos vidéos :
- Marie Christine Barbotin, chirurgien-dentiste
- Emira Zaag, architecte
- Antoine Feuvrier, huissier de justice
- Gérald Coutaye Caroumbin, ostéopathe kinésithérapeute
- Arthur Clément, médecin biologiste
- Isabelle Berthé, sophrologue
- Gilles Bösiger, expert comptable
- Debora Farji Haguet, interprète traductrice
- François-Xavier David, mandataire judiciaire à la protection des majeurs
- Patrick Prigent, administrateur judiciaire
- Valérie Meunier, docteur spécialiste en ophtalmologie vétérinaire
- Clara Huynh, conservatrice-restauratrice en patrimoine métallique
- Jean-Charles Nicollet, conseil en propriété intellectuelle
- Tiffany Serna, ergothérapeute
- Etienne Huguet, économiste de la construction
- Fanny Bon, architecte intérieur
- Guillaume Géneau, géomètre expert
- Aurélie Lebrasseur, diététicienne-nutritionniste
- Richard Fourdrinoy, éducateur sportif
- Alain Toledano, médecin cancérologue
- Stéphane Pellerin, facilitateur de mise en synergie des dynamiques territoriales
- Marc Mortelmans, journaliste et podcasteur




